Aider Là Où l’On Vit

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Aider Là Où l’On Vit

A cours des cinq dernières années, la guerre en Syrie s’est montrée particulièrement  dévastatrice, entraînant avec elle l’exode de millions de personnes lesquelles ont été, pour la plupart, déplacées à l’intérieur de leur pays ou sont maintenant parquées dans des camps de fortune surpeuplés installés dans les états voisins. Beaucoup d’entre nous ont pu assister aux images tragiques de familles entières traversant la Méditerrannée ou parcourant l’Europe au péril de leur vie. Certains lecteurs ignorent peut-être encore que des familles syriennes se trouvent actuellement ici même en Languedoc. Un groupe de plus de quarante réfugiés, parmi lesquels quatorze enfants, sont en effet parvenus jusqu’à Béziers au cours des dernières semaines. Leur périple depuis la Syrie et à travers l’Egypte, la Libye, le Maroc et l’Espagne, aura duré plusieurs mois (dans certains cas plusieurs années), avant de se terminer finalement dans le Sud de la France.    

Au croisement improbable de deux cultures et de deux langues, ils sont récemment entrés en contact avec un autre groupe “d’étrangers” résidant dans la région, membres de la communauté anglophone et désireux de leur porter assistance.

Languedoc : Solidarité avec les Réfugiés/Solidarity with Refugees (LSR) est né de la frustration et du désarroi d’un petit groupe d’individus face à la crise européenne actuelle des migrants. À la mi-septembre, Natasha Freidus, une citoyenne américaine résidant à Roujan, a publié en anglais sur sa page Facebook : “Comme beaucoup d’entre vous, je me sens profondément affectée par la crise des réfugiés qui ne cesse de s’aggraver. J’aimerais qu’on me dise s’il existe des moyens d’exprimer ma solidarité, aussi bien par le biais d’Internet que de façon locale.” Trente-neuf commentaires et quelques jours plus tard, un groupe de dix personnes motivées se rencontraient dans une cour ensoleillée de Nezignan L’Eveque afin de débattre des différents moyens d’apporter leur soutien.

Au début, l’intérêt du groupe se portait sur la crise européenne des migrants en général et sur la “Jungle” de Calais en particulier. Mais il se focalisa bientôt plus précisément sur la situation des familles de Béziers dont leur avait parlé une habitante de Roujan qui fréquentait la mosquée locale.

En apprenant que les réfugiés ne bénéficiaient que d’une aide très limitée de la part des associations locales, le tout nouveau groupe lança avec la plus grande énergie sa propre campagne pour porter assistance à leurs voisins réfugiés. Ses membres se rendirent rapidement compte que ces familles étaient livrées à elles-mêmes tant qu’elles n’étaient pas eligibles à l’assistance sociale. Le groupe accéda à des réseaux anglophones et contacta des amis français afin de créer un programme d’assistance alimentaire et financière, ce pour répondre aux besoins spécifiques d’urgence des nouveaux arrivants.  

Dès le début, les membres de LSR furent convaincus que le groupe se devait d’être à la fois bilingue et biculturel.  Cela représentait une gageure, mais c’était aussi une condition indispensable à sa perénité à long terme. “Nous savions dès le départ que nous voulions aller plus loin qu’apporter une simple aide humanitaire immédiate, explique Ms Freidus, nous réfléchissons encore actuellement aux différents moyens de conseiller et d’assister les réfugiés tandis qu’ils s’établissent dans la région, ainsi qu’à la façon d’améliorer la sensibilisation de la population à la crise.”

Tandis qu’à travers toute l’Europe se formaient de nombreux groupes similaires, la particularité de LSR est d’entrer directement en contact avec les réfugiés. Naima est une immigrée marocaine ayant apporté un soutien actif aux familles au cours des derniers mois. Le 7 octobre dernier, le LSR a invité toutes les personnes motivées à se rendre à la Salle du Peuple de Roujan afin de la rencontrer, elle et plusieurs membres des familles syriennes.   

Naima leur a expliqué comment les familles étaient arrivées ici sans aucune ressource ni perspective d’améliorer leur situation. Plusieurs d’entre elles avaient dormi dans la gare à même le sol pendant des jours avant de pouvoir “squatter” plusieurs appartements abandonnés. Mais il leur manquait toujours chauffage, nourriture, vêtements, soins médicaux, accès à la scolarité ainsi que le droit aux prestations sociales. Au cours de la soirée, les participants issus de plus de dix pays différents purent entendre les Syriens eux-mêmes, et ils discutèrent entre eux des différents moyens de leur porter secours.

Les participants furent particulièrement touchés lorsqu’un homme s’adressa directement aux représentants des Syriens et leur demanda : “Qu’est-ce que vous souhaitez ? Comment pouvons-nous vous aider ? et qu’un jeune homme, étudiant en chirurgie dentaire avant de fuir sa ville natale de Homs répondit : “Nous vous sommes profondément reconnaissants pour ce qui est de la nourriture, mais on aimerait bien aussi un peu d’argent de poche pour nous permettre de prendre un bus et d’aller boire un café en ville.” Cette simple demande semblait bien difficile à exprimer de la part de ce jeune homme, mais elle était aussi la preuve de l’extrême dépendance à laquelle ces familles doivent encore faire face.

Des bénévoles de tous horizons ont accompli beaucoup pour ces réfugiés en un temps record. En plus de leur fournir de la nourriture, des vêtements et des produits de première nécessité, ils les ont aidés à organiser les vaccinations obligatoires, se sont occupés de la scolarisation des enfants ainsi que de l’apprentissage du français pour les adultes. Ils ont fait le nécessaire pour que l’un des enfants obtienne des soins dentaires et les ont aidés à entreprendre les démarches nécessaires pour l’acquisition du droit d’asile auprès des autorités locales. Deux volontaires ont même accompagné une première famille jusqu’à Alès quand celle-ci s’est vue accorder un logement social après que sa demande fut officiellement reçue.

Tout ceci a été accompli par des bénévoles s’étant rencontrés sur Facebook et en contact direct par l’intermédiaire d’autres résaux sociaux. Gary Kilmer, l’un des membres à l’origine du groupe remarque : “ Facebook a constitué un moyen efficace pour le groupe de se développer dans la région, et de recruter du même coup plus de volontaires pour prendre part à leur action. Plus de 300 membres sont ainsi actuellement opérationnels et choisissent les différents secteurs dans lesquels ils seront les plus utiles.”

En plus d’une quantité considérable de nourriture, de vêtements et d’appareils ménagers fournis par les membres de la communauté, le groupe a réussi à rassembler plus de 3500 euros grâce à des dons individuels et à un compte de financement participatif.

Mais il reste encore beaucoup à faire. Chaque semaine, de nouvelles familles arrivent à Béziers ainsi que dans d’autres secteurs du Languedoc. Ces nouveaux arrivants, tout comme ceux qui sont déjà là, ont besoin d’une assistance soutenue pendant que leur demande de droit d’asile est en cours de procédure.

Voici comment vous pouvez les aider :

  • En donnant de la nourriture ou en servant de centre de collecte : le LSR est actuellement le seul groupe fournissant nourriture et aide à ces familles de façon constante. Des bénévoles sont requis pour fournir des produits de première nécéssité aux centres de collecte ayant été établis dans la région.
  • En donnant de l’argent : des dons d’argent sont également requis afin de procurer des produits compliqués à fournir (par exemple viande et médicaments) et également pour couvrir les autres frais nécessaires. Un nouveau site de financement participatif (Syrian Refugees in France) a également été établi afin de faciliter les collectes de fonds.

En donnant de son temps : les bénévoles spécialisés dans plusieurs secteurs d’activités peuvent également être extrêmement utiles en répondant aux besoins immédiats de ces familles (traducteurs Français/Anglais, rédacteurs, juristes, arabophones et traducteurs Français/Arabe, dentistes, médecins, etc….)


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